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Salut, Forêts de ma Guinée
Forêts de mon pays, forêts de ma Guinée, 
Salut, forêts qui dominez les monts austères, 
Forêts augustes et noirs sanctuaires, 
Salut, ô les forêts du fond de nos vallées !

Vous êtes triomphantes, ô forêts, 
Quand s'agite le panache soyeux 
De vos frondaisons qui portent aux cieux 
Leurs grandioses et profonds secrets.

Comme des piliers, quand ils se dressent, 
Ils sont, les tendres fûts de chez nous, 
Si vastes que leurs feuilles se nouent 
Quand le vent qui passe les caresse.

Bois jaune de vieil or patiné, 
Bois brun du « semo » aux filets roux, 
Bois de sang du sévère acajou, 
Bois de chez nous, tous beaux, tous aimés.
Le soleil chez vous se joue, et, par terre, 
En folâtrant dans vos ramures sombres 
Toutes échevelées de feux et d'ombres, 
Le soleil a fait des ronds de lumière.

Lorsqu'un de vous, par la cognée ou par les ans, 
S'affaisse, tombe et meurt avec un bruit pesant, 
C'est toute la forêt, la forêt votre mère 
Qui vous pleure, arbres de chez nous, arbres puissants, 
Arbres où le soleil, quand fatigue la terre, 
Se couche, magnifique, énorme, éblouissant.

R.P. Bunot